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  • Les ères géologiques : la formation des terroirs viticoles

    L’origine des terroirs : remontons le temps des ères géologiques

    …..pour mieux comprendre la formation des terroirs viticoles français.

     

    1.L’ère primaire (de –540 MA (millions d'années) à  -250 MA): le socle ancien se forme.

    Le climat est chaud et humide, les forêts couvrent les plaines, la France est proche de l'équateur. De nombreuses orogénèses (cycles de formations de montagnes: Massif armoricain, massif central et massif ardennais) se sont déroulées, résultats de contacts plus ou moins violents entre différentes plaques dérivant à la surface de la terre.

    ·       Les roches sédimentaires.

    Avant l’ère primaire, se sont déposés des sédiments dont on retrouve quelques traces: en Bretagne: les grès armoricains ; dans le Pays nantais: des schistes; dans le sud du Massif Central: des schistes et calcaires.

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    Grès armoricains

    ·       Les roches volcaniques.

    Au cours de ces orogénèses, des poches de magma en fusion se sont introduites dans la croûte terrestre. Lorsqu 'elles ont pu la traverser complètement, elles ont donné naissance à des volcans et à des roches volcaniques. Ex : le sud des Vosges (ballons d'Alsace). Lorsqu’elles n’ont pu atteindre la surface,  elles se sont refroidies à l’intérieur de la croûte terrestre en formant des granites. C’est de cette roche que naissent les st joseph, condrieu et beaujolais villages.

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     Vignoble de St Joseph sur granites d'origine volcanique

    ·       Les roches métamorphiques.

    Autour de ces poches, les roches voisines, soumises à des t° et des pressions très fortes, ont été métamorphisées. Elles ont donné des roches dites métamorphiques, comme le micaschiste ou le gneiss, roches du vignoble de la Côte Rôtie.

     1117122610_434268[1]Micaschistes de la Côte Rôtie

    Ces roches métamorphiques peuvent également apparaître lorsque des roches sédimentaires, formées à la surface de l’écorce terrestre, subissent des t° ou des pressions intenses lors de plissements et de compressions dues à la formation des montagnes.

    Les montagnes de cette époque ont subi à la fin de l’ère primaire une intense érosion (vents et trompes d'eau dans un climat tropical contrasté)qui a décapé les sommets et comblé les dépressions pour aboutir à une pénéplaine, cad une surface au relief faible et mou dont le Massif armoricain en Bretagne est un bon exemple.

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    Le plateau armoricain.

     Ce socle ancien est néanmoins bien présent en de nombreux endroits en dessous des couches du secondaire et tertiaire.

    Des failles lézardent la croûte entre la Provence et la Corse et des poches de magma grimpent vers la surface où se déclenchent de spectaculaires éruptions....c'est la formation du massif de l'Estérel, composé d'un empilement de couches de cendres et de laves que sculptera l'érosion. La France connaît d'importantes manifestations volcaniques à la fin du permien.

      240px-MassifEsterelRoche[1]Massif de l'Estérel

    2.     L’ére secondaire (de –250 MA à – 65 MA ): la mer envahit les terres.

     

    ·      Au trias (-250 MA à –195 MA) , la mer occupe progressivement la France. Des sédiments se déposent dans les deltas sur le littoral ou dans les lagons des mers chaudes, à l’emplacement du bassin parisien, de l’Aquitaine et du Sud Ouest. Le climat est chaud, la France se trouve à la latitude du Maroc d'aujourd'hui. Les témoins des sédimentation du trias sont surtout présents dans l'est de la France: les grès rouges et roses dans la région de Strasbourg qui ont servi à bâtir le château de Haut-Barr et la cathédrale de Strasbourg.

    Au dessus de cette couche de grès, la mer peu profonde a déposé un calcaire riche en coraux et coquillages (calcaire de Muschelkalk).

    La fin du trias est marqué par un aller et venue de la mer toujours sous climat tropical, ce qui provoque l'apparition ci et là d'une couche de marnes et de sels en zone d'évaporation de l'eau.

    En fin du trias, un météorite aurait percuté la France dans la région de Limoges-Angoulème (Rochecouart)   http://www2.brgm.fr/divers/rochecho1.htm#carte

     S0L010306C02[1]

    ·      Au jurassique (-195 MA à 135 MA), la mer envahit la majeure partie des terres sous un climat tropical, chaud et humide. L'atoll français scintille sous le soleil des tropiques avec ses lagons bleus, ses barrières de corail et ses bassins où vont s'accumuler des milliers de mètres de débris coquilliers.

    S0L010306C03[1]

    D’importants et épais dépôts calcaires se forment au fond de la mer grâce aux coraux qui colonisent les zones peu profondes. Le souvenir de ces dépots se trouve partout en France. Suivant les conditions du milieu (climat,profondeur de la mer,….) se sont déposés alternativement des calcaires et des grès, des marnes, des sables ou des argiles plus tendres.

    Les formations qui constituent l’assise des vignobles de la Côte d’Or (calcaires du Bajocien,du Bathonien et de l’Oxfordien) puis de ceux de Chablis, de Sancerre et des vignobles champenois de l’Aube se mettent alors en place.

    Ce calcaire du jurassique sera plus tard exploité, taillé et sculpté.

    SOL991126P26[1]Carrière de calcaire bathonien du jurassique.

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    Vignoble de Sancerre sur l'Oxfordien

    Les rivières ont incisé la pile de sédiments et ont sculptés des canyons impressionnants. Les gorges du Tarn révèlent l'épaisseur des calcaires jurassiques et l'immensité des temps géologiques. Les mouvements tectoniques soulèveront plus tard ces couches enfouies dans la mer pour former les magnifiques reliefs que l'on connait d'aujourd'hui.

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     Gorges du Tarn

    Les roches du jurassique sont présentes aussi en Normandie (pierre de Caen), en Lorraine, dans le beaujolais (pierre dorée) et en Bourgogne (calcaire du comblanchien) où ils servent de pierre à l'édifice des églises et monuments. 

    C’est à cette époque que l’Atlantique commence à s’ouvrir, séparant l’Europe et l’Afrique de l’Amérique.

     

    ·      Au crétacé inférieur (-135 MA à – 96 MA ) : Toujours la même douceur tropicale avec une végétation luxuriante et des sols lessivés par les pluies. La mer se retire peu à peu sur presque la totalité de la France qui est sans grand relief; les Alpes et les Pyrénées n'existent pas encore, seuls la Bretagne et le massif central émergent .

    S0L010306C05[1]

    La plaque africaine voit alors son mouvement s’inverser, et commence à comprimer le délicat puzzle européen. L'Espagne commence à buter contre la France dont elle était séparée et soulève les sédiments frontaliers pour ériger les Pyrénées. La Corse et la Sardaigne sont toujours repliés comme une aile contre la France.

         Au crétacé supérieur (-96 à – 65 MA), la mer revient dans le bassin Parisien et dans la vallée du Rhône où se déposent les calcaires récifaux dits Urgoniens, très durs et épais qui entourent aujourd’hui le vignoble de la vallée du Rhône méridionale.

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    Les calcaires urgoniens dans la région de Marseille.


    La mer envahit tout le bassin parisien et le bassin aquitain et y dépose d’épaissescouches de craie qui ont donné leur nom à cette époque géologique et ont formé les bases du vignoble de Champagne,de Touraine, du Saumurois et d’une partie dubordelais est. La couche de craie peut atteindre 500 m d'épaisseur en Champagne. Les couches de craie du Pas de Calais se forment(côte d'opale et côtes de la Manche), celles dans laquelle on creusera le tunnel sous la Manche. On estime que le niveau de la mer est de 250 m plus haut qu'aujourd'hui. 

    Formation des ocres du Lubéron et de la bauxite des baux de Provence.

    sols%20de%20craie-mini[1]Calcaire champenois

    Calcaire à astéries du bassin aquitain

     A la fin de l’ère secondaire, le climat bascule de tropical à plus tempéré, la mer envahit de nouveau la France. Une extinction de masse marquera le fin du crétacé avec notamment la disparition des dinosaures; celle ci serait provoquée par l'impact de l'astéroïde du Yucatan au Mexique. Une couche d'argile rouge dépourvue de fossiles est le témoin de cette époque désastreuse pour la terre.

    3.     L’ère tertiaire (de –65 à – 5 MA): entre surrections et effondrements.

    ·       Au Paléocène (-65 à –55 MA), la mer se retire.  (seuls le bassin parisien et le bassin aquitain sont encore sous eau).

    Sous le soleil des tropiques, la France va bénéficier d'un climat chaud et humide, mais va subir des pluies torrentielles qui vont lessiver le sol et les affleurements rocheux et vont décaper la terre dévastée. 


    ·       A l’Eocène (-55 à –36 MA) : la plaque africaine provoque de nouvelles compressions et secousses. Les Pyrénées et le massif des Maures forment un seul bloc auxquels sont accolés la Corse et la Sardaigne. Cet ensemble se soulève fortement. La plaque africaine se comporte comme un buldozer et utilise l'Espagne et l'Italie comme butoirs, ce qui modifiera d'ailleurs  fortement le relief de l’Italie du nord. Ces compressions sont si fortes qu’elles ébranlent même le bassin parisien.

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    Dans le bordelais, les calcaires marins de l'Eocène se déposent dans le Médoc et à Blaye.

    L'histoire des Alpes est sous marine et sous terraine car les sédiments se sont enfoncés dans la crôute terrestre avant de resurgir sous l'effet de la compression.

    Témoin de cette genèse océanique en périphérie des Alpes: la vallée du Var qui dégage une vue en coupe de ces inombrables couches de calcaires formés au jurassique et s'entassent en falaise de plusieurs centaines de mètres.

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    La vallée du Var

    Les continents se rapprochent de leur position actuelle.
     

    ·       A l’Oligocène (-36 à –24 MA) : Période dite de relaxation géologique.

    Cette période correspond à une période plus tempérée, la mer chaude de l'oligocène recouvre le bassin parisien.

    La crôute terrestre s'étire et des grands blocs s'affaisent le long des failles: formation du bassin bressan et du fossé rhénan : l’Alsace s’enfonce entre Vosges et Forêt Noire.

    Les vallées de la Loire et de la Saône s’effondrent (tel une pièce qui s’effondre quand les mâchoires de l’étau se dessèrent !)

    Les Pyrénées subissent une intense érosion dont les produits se répandent jusque dans le Gers (Molasses de l’Armagnac).

    Dans le bassin aquitain, seules les Landes sont encore occupées par la mer .

    En profondeur, le chaud manteau terrestre est brassé par les plaques tectoniques qui s'enfoncent sous les Alpes; le magma se faufile dans les zones faillées pour remonter en surface; les grandes manoeuvres volcaniques se focalisent surtout sous l'Auvergne et ensuite vers le Cantal.

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    cantal1[1]Le Cantal

    ·       Au Miocène (-24 à –5 MA)…véritable période de tempête géologique… !

    S0L010306C08[1]

    La plaque africaine, avec tout ce qu’elle pousse devant elle depuis 60 Mio d’années, arrive au niveau des Alpes.

    Face au butoir du Massif Central, le socle granitique qui reposait sous la mer alpine est projeté en altitude et forme les massifs alpins et des Hautes Alpes.

    Sous l’effet de la compression, la région au nord des Alpes se plisse et forme le massif du Jura.

    Le socle ancien du massif Central ne résiste pas au choc et sa bordure orientale depuis le Morvan jusqu’aux Cévennes se soulève.

    Les failles nord-sud depuis Dijon jusqu’à Marseille se créent et forment la vallée Rhodanienne.


    Dans les Alpes, l’érosion des massifs soulevés est intense. Les matériaux issus de cette érosion repoussent le Rhône dans un étroit passage au pied du Massif Central.

    La Corse et la Sardaigne se détachent de la France et basculent vers le sud Est.

    La mer Méditérranée ne communique plus avec l’Atlantique et s’assèche et son niveau s’abaisse à près de 2000 mètres en dessous du niveau actuel.

    Les cours d’eau qui descendent des Alpes entaillent profondément les plateaux calcaires du Sud Est et ainsi se forment les gorges de l’Ardèche, du Verdon et les Calanques de Marseille.

    ·       Au Pliocène (-5 à –2 MA) : la mer Méditérranée retrouve son niveau .

    La mer revient envahir la vallée du Rhône tandis que l’océan atlantique fait une dernière incursion dans la vallée de la Loire. 

    4.     L’Ere Quaternaire (jusqu’à – 2 MA) : les paysages se dessinent.

    2 phénomènes essentiels durant cette période :

    ·      L’érosion dont l’eau est le principal responsable : la pluie en dissolvant certains constituants des roches entraîne leur dislocation, le gel les démantèle, enfin les torrents et rivières érodent roches et terrains qu’ils traversent. C’est cette dernière forme qui intéresse plus particulièrement l’étude des terroirs. L’eau s’attaque d’abord aux couches les plus tendres : marnes, calcaires marneux, sables, qu’elle déblaie et emporte avec elle, laissant les couches de calcaire dur en saillie qu’elle finit néanmoins à éroder.

    C’est ce phénomène qui a formé les célèbres lignes de côtes en auréoles (cuestas) du bassin parisien, où les couches dures dominent les couches plus tendres sur lesquels se sont implantés les vignobles. La Loire a creusé son lit dans les formations crétacés, à Bourgueil et à Chinon, le vignoble occupe les pentes ainsi aménagées, couvrant le tuffeau du turonien.

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    Relief de cuesta dans le bassin parisien.

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    La Loire a creusé son lit dans le calcaire du crétacé. 

    ·      Les glaciations : 4 glaciations au cours du quaternaire (Gûnz,Mindel,Riss,Würm) alternées par des périodes de réchauffement ont créé les terrasses formées par les grands fleuves.

    Les grands fleuves : le Rhône, la Garonne et leurs affluents sont nés dans des massifs en surrection, respectivement les Alpes et les Pyrénées. Ils ont arraché aux pentes des reliefs et transporté tout au long de leur cours des quantités considérables de matériaux qu’ils ont roulés, usés, érodés avant de les déposer , quand la pente devenait moins forte, formant de vastes étendues plus ou moins horizontales. Ces terrasses caillouteuses  constituent presque toujours des supports de choix pour les vignobles. Cependant, la valeur des terroirs dépend surtout des roches qui composent les galets et donc des régions qui ont été érodées par les rivières.

    Comment se sont formées ces terrasses ?….

              * Pendant une période glaciaire, l’eau se transformant en glace, le niveau des merss’abaisse, favorisant le creusement des vallées.

              * Au cours du réchauffement qui suit, les glaces fondent, le niveau des mers remonte, les pentes des fleuves diminuent, ils déposent les alluvions.

    Lors de la glaciation suivante, le fleuve creuse de nouveau dans ses propres alluvionsavant de déposer une couche supplémentaire lors d’un nouveau réchauffement et ainsi de suite. Les 4 glaciations ont ainsi  donné naissance à autant de niveau de terrasses. Souvent faciles à observer le long des cours d’eau, celles ci supportent quelques uns  des plus prestigieux vignobles de France(Graves, appelations du  Médoc, Châteauneuf, Côte du Rhône). 

    plateau[1]v09[1]Les terrasses du vignoble de Chateauneuf crées par le Rhône.


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    Le Lot et ses magnifiques terrasses quaternaires sur lesquelles les vignobles se sont implantés. Les différents niveaux correspondent à des périodes de glaciation et réchauffement successives pendant lesquelles le lit du Lot s'est enfoncé et en même temps le fleuve y a déposé ses alluvions.

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     Homo Sapien est apparu au début du quaternaire!

     

    Texte partiellement extrait de « Les Terroirs du vin » de Jacques Fanet et de "Terre de France" de Charles Frankel.

    Carte géologique de la France: http://www.cosmovisions.com/qFranceGeologie1920.htm

    L'échelle des temps géologiques:

    http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89chelle_des_temps_g%C3%A9ologiques

    http://www.geopolis-fr.com/news22-echelle-temps-geologiques.html

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    Vignobles et géologie : http://portail.umons.ac.be/FR/universite/facultes/fpms/applicasciences/ETM/Expos/Documents/Livre_VIGNOBLES_ET_GEOLOGIE.pdf

     
      

     

  • Mes coups de coeur

    1. Sancerre rouge L'Etourneau 2005 Fouassier.

    Le nez pinote bien, de plus ,on y trouve des séquences empyreumatiques.En bouche, c'est ds le même régistre mais plus fermé.La concentration du millésime est bien là, la matière est riche et nette.Les tanins sont bien présents,bien extraits et asuurent au vin de beaux lendemains.Il a besoin de +- 4 ans pour s'arrondir et par là même complexifier son régistre aromatique.En finale, la sucrosité et la sapidité donne envie d'en reprendre. Prix:15€....c'est bien la 1ère fois qu'un Sancerre rouge me séduit!! (Bordeaux Entrpots Kontich)

    2. Côte de Roussillon Village "Les Millières" 2006 de Gardiès

    Un vin d'une gde conc fruitée, une matière riche, parfaitement extraite.Les tanins qui l'accompagnent sont encore puissants et demandent au moins 2 ans pour se polir.Le nez et la bouche sont tjs sous prédominance du fruit.C'est un fruit puissant, précis qui fait saliver. Prix: 12€ (TGVins Flémalle)

    3. En Busigny 2005 Bourgogne Bernard Van Berg

    Aussi bien au nez qu'en bouche, le vin affiche des arômes de la série boisée et balsamique (résine de pin, cèdre) mêlées à des nuances de cuir et de torréfié et dans une moindre mesure d'épices. Les tanins sont fins, bien présents néanmoins, ils demandent au moins 4 ans pour se polir.La matière fruitée typique du Pinot Noir a été bien extraite,elle est concentrée mais dans un ensemble plein de fraîcheur. Si on veut servir ce vin mintenant, il faut le carafer impérativement.La finale est longue.J'aime ce style particuler de Bourgogne.Prix:40 € chez Bernard Van Berg à meursault

    4. Ch Roc de Calon Cuvée Prestige 2005 Montagne St Emilion

    Arômes de grillé et de toasté dominent dans un nez flatteur, vanille et boisé fin s'y ajoutent. La bouche est dans le même régistre d'arômes mais est plus fermée.La matière est concentrée, bien extraite, digne du millésime ; les tanins sont solides mais d'excellente qualité ce qui prouve l'excellente maturité du raisin. Attendre 5 ans en cave de façon qu'il arrondisse ses tanins et se complexifie en bouche. Prix: 15 € (Bordeaux Entrepots Kontich)

    5.Les Chabriles 2006 Cairanne du Dom Brusset

    Encore sur le fruit tant au nez qu'en bouche,ce vin exprime la gde concentration issue de la macération précise de raisins très mûrs.La stucture charpentée bâtie sur des tanins mûrs, qui reflètent aussi la gde maturité du raisin, permettra au vin de bonifier davantage. Le croquant du fruit donne néanmoins déjà de belles satisfactions aujourd'hui. Prix: 12.6€ à l'Accord à Villeneuve d'Asq.

    6. Tautavel Vieilles vignes 2005 Gardiès Côte de Roussillon Villages

    La bouche et le nez sont dominés par la cerise noire, la mûre, avec des séquences empyreumatiques . La matière est dense, super extraite, les tanins sont fruités, mûrs et confèrent au vin une assise pour qu'il puisse se bonifier.Attendre au moins 4 ans. Domaine en voie bio. prix: 18€ (TGVins Flémalle)

     7. Naïck 5 de l'Oustal Blanc

    Ce vin se distingue par un fruité frais et croquant, sa matière est ample, riche.Les arômes vont vers la cerise noire et le caramélisé.Les tanins sont présents mais déjà dotés d'une certaione rondeur. La finale est longue et fruitée.Délicieux.Prix: 12€ (TGVins Flémalle)

    8. Chatus 2006 Vin de Côteau du Pays Ardèchois (Cave de Ruoms Ardèche)

    Un vin encore dominé par le fruit aussi bien au nez qu'en bouche,cette dernière se montre plus complexe avec des arômes de grillé et de boisé léger. La matière très fruitée est très bien extraite et bien représentative de 2005.Un vin bien construit, témoin d'une vinification soignée et d'un raison cueilli à maturité optimale. Le Chatus est un vieux cépage ardèchois.Prix:6.5€ sur place.....excellent rapport qualité/Prix.

    9.Ch La Rose St Vincent 2005 Lalande de Pomerol (2nd de Ch Haut Goujon)

    Le nez développe un bouquet mariant les baies noires et le boisé grillé.Le palais est dans la même note aromatique,il est superbement équilibré, la matière est onctueuse et savoureuse et repose sur des tanins boisés qui ne demanderont pas beaucoup d'années pour s'arrondir.Prix:12€ à la propriété. 

    10. Rully 1er Cru Meix Cadiot 2006 (Blanc)de Vincent Dureuil-Janthial

    Le nez est typé , floral et noisettes grillées. La bouche est élégante , minérale, fraîche, fine,élancée. Les arômes sont subtils,faits de fruit et de notes de bois toasté. Prix:21€ (TGVins Flémalle)

    11. Le Bout'd'zan 2006 du Mas de Libian Côte du Rhône

    Au nez, le fruit s'impose d'abord; ensuite succède un bouquet fait d'arômes empyreumatiques et de séquences finement boisés. La bouche explose sur une belle matière fruitée (mûre,cerise noire,cassis) et charpentée de tanins fins qui lui permettront de bonifier dans les 3 prochaines années. Prix:9€ L'Odyssée des arômes

    12. Champagne "Cuvée Volupté" de René Geoffroy à Cumières/ 100% Chardonnay

    Un Champagne d'une précision remarquable,aérien,citronné,une finesse de bulle rare.J'ai d'ailleurs été séduit par toute la gamme de René Geoffroy....une toute belle découverte.

    13. Idée Claire 2008 Clairet du Ch Lagrange des Tours à Cubzac Les Ponts (Vignobles Choquet)

    Un superbe "rosé" vinifié avec une rare précision aromatique: groseille,framboise, d'abord; les agrumes et la rhubarbe ensuite. La fraîcheur remarquable vous fait saliver, vous désaltère  et vous donne envie d'en reprendre .Prix: +-6€ à "La Grange aux vins". 

     14.Château Haut Lagrange 2005 "Cuvée Cent Rangs" Bordeaux Supérieur vieilli en chêne (Vignobles Choquet à Cubzac Les Ponts (tel 0033 607 19 29 55)

    Un vin qui ressemble comme deux gouttes d'eau à son millésime. Le nez est encore fermé, la bouche est dense, entièrement encore sur le fruit. La matière est riche, pure, on mord vraiment à pleine dents dans le fruit.Les tanins sont là:charpentés mais sans aspérité ni verdeur; ils ne demandent quà se polir lentement. Attendre 2012....

     15. Clos Marie Cuvée manon 2007 Coteaux du Languedoc

    Ce vin blanc est vraiment complet... une structure de classe: de l'équilibre,de la finesse, du gras, de la minéralité, un boisé léger, élégant. Des arômes de fleurs,d'agrumes, de beurre frais, des séquences d'épices du sud.....Acheté au"Gré du vin" à Lille.

     16. Côte du Rhône "Les Dames Rousses 2007" Domaine de la Mordorée

    Un CDR parfait: la bouche est voluptueuse,juteuse,ample. Le fruité vous envahit le palais, sur des notes de mûre,cassis,violette. On croque à pleines dents dans ce fruit et dans ces tanins fins qui permettront à ce vin de bonifier dans les 2-3 prochaines années. Evidemment, la réputation du domaine de la Mordorée n'est plus à faire....!! Acheté à la "Grange aux vins" à Attre.

    17. Mas Laval 2006 Vin de Pays de l'hérault

    Quelle séduction! Au nez, le vin s'annonce complexe: floral,toasté,vanillé. En bouche, c'est le fruit qui domine; un fruité d'une élégance, d'une finesse rare marqué par le syrah. Les tanins sont soyeux, élégants et d'une finesse remarquable. C'est très bon. Peut se boire déjà maintenant mais peut bonifier dans les 2 ans. Acheté à "La Grange aux vins à Attre"

     18. Oratoire St Martin Cuvée Prestige 2006.

    Au nez le vin affiche des arômes de grillé,de torréfié, de jus de viande.En bouche, le vin apparaît moins aromatique,il se cache derrière une trame tannique encore bien présente, des tannins serrés mais non rustiques. Belle matière bien mûre, belle extraction, un vin bien réussi qui demande au moins 3 ans pour polir les tannins. 

     19.Vipra Rossa 06 Umbria (italie):un fruité généreux (nez et bouche),équilibré, plutôt ronde, juste qq tanins non austères indiquent qu'il sera juste bien en 2010-2011.Prix:4.99 Delhaize 

    20.Don Reca "limited release" Vina La Rosa 2007 (Chili)Carmenère

     Superbe vin, typé,racé,au fruité éclatant,aux tanins fins-Delhaize-Prix:10.9€ 

  • Côte Rôtie

    Le Vignoble des Côte Rôtie

    Le vignoble

    Situé dans la vallée du Rhône nord
    Localisation : au sud de Vienne, sur les coteaux de la rive droite du Rhône, à 30 km au sud de Lyon
    Surface du vignoble : 230 Ha
    Un vignoble en coteau: Les pentes peuvent dépasser les 60%.Altitude: entre 180 et 325 mètres.


    Les modes de production

          Rendement : 40 Hl/ha
          Récolte manuelle (mi-septembre à début octobre)
          Elevage en Fût de chêne

    Le vin     

          Vin rouge uniquement. A.O.C depuis 1940
          Cru des Côte du Rhône septentrionale rouge
          Nombre de bouteilles produites par an : environ 1,2 million
          Nombre de vignerons : un peu plus de cent producteurs, une soixantaine de domaines embouteilleurs.

    Les cépages  

    Le vignoble de l'AOC Côte Rôtie est constitué de 2 cépages, le viognier jusqu'à hauteur de 20% et la Syrah.  

       Potentialités technologiques de la Syrah :   

       Dans des conditions favorables, la syrah permet d'élaborer des vins de grande qualité, très colorés, riches en tanins avec un fort potentiel aromatique.      Caractéristiques : ses arômes de cacao, cannelle, cassis, cerise, chocolat amer, cuir, épices (notes poivrées),  framboise, framboise mûre et des notes de violette évoluent avec le temps vers des notes de poivre, framboise sauvage, fruits cuits (pruneau), mûre, notes animales (cuir et peau), réglisse, sous-bois, tabac blond, truffe,violette, ... . La syrah s'épanouit pleinement sur le territoire de Côte Rôtie, le travail soigné des vignerons au vignoble (adaptation des rendements) confèrent aux vins une aptitude au vieillissement exceptionnelle.     

     Nouvelles sélections:

    L'appellation Côte-Rôtie, presque abandonnée et dont il ne restait qu'une soixantaine d'hectares dans les années 60, a été largement replantée depuis, puisqu'elle dépasse aujourd'hui les 210 ha. Depuis les années 80, l'essentiel a été replanté à partir de sélections clonales certifiées; le peu de clones disponibles, et la forte production de ces clones, pour la plupart issus de régions plus méridionales, ont conduit les vignerons de Côte-Rôtie à s'interroger sur la perte de la variété génétique du cépage dans l'appellation. Avec le soutien de l'ENTAV et des Chambres d'Agriculture, le Syndicat de l'Appellation a donc décidé de réagir et de créer un conservatoire pour isoler les souches anciennes de syrah de Côte-Rôtie (appelée localement « Serine ») les plus intéressantes et préserver la diversité. Ce conservatoire mis en place en 2003, ne comprend que des souches indemnes de viruses majeures. Il permettra soit de nouvelles sélections clonales, soit des sélections massales plus saines.      Sélection clonale : il y a 16 clones agréés au total, dont une bonne partie a une production régulière et sensiblement supérieure aux exigences de rendements limités pratiqués par les vignerons de Côte Rôtie.

    Expansion mondiale de la Syrah

    Le Syrah est dans son berceau dans le Rhône nord. Des généticiens ont prouvé que celle-ci a pour parents la Mondeuse blanche et le Dureza , 2 vieux cépages rhodaniens. La Syrah est le cépage majoritaire des vins des appelations Crozes Hermitage, Hermitage, St Joseph, et le cépage unique de l'appelation Cornas. La Syrah est maintenant largement implantée dans tout le sud de la France. On la cultive aussi dans les vignobles dits du « Nouveau Monde »


    Géologie

    Contexte géologique régional

    Côte Rôtie

    Côte Rôtie au dessus de Ampuis-Vendanges

    Le vignoble de la Côte Rôtie est ce que l'on appelle un "vignoble de  rebord de faille" 

               Le vignoble se situe en bordure orientale du Massif Central qui fait partie    du socle ancien cad formé  pendant l'ère primaire (+- 300-350 Mio d'années)Durant l'ère tertiaire (2-65 Mio d'années), on assiste à la formation des Alpes, la vallée du Rhône se constitue par l'effondrement le long de grandes failles souvent d'orientation Nord-Sud.Les principales roches du Massif central sont des formations cristallines cad :des roches dites magmatiques - plutoniques (granites),des roches métamorphiques (schistes,gneiss,migmatites).  

    Géologie des Côte Rôtie

          La quasi-totalité des vignes de la Côte Rôtie sont situées sur des roches métamorphiques dont la composition chimique est très proche et leurs différences s'expliquent de par leur formation il y a + de 300Mio d'années. On peut distinguer 3 zones :

    • A. Le nord de l'appelation (Secteurs de St Cyr, nord et centre d'Ampuis = Côte Brune ) qui repose sur des micaschistes.Roche au grain fin de teinte qui varie dans les bruns à la structure schisteuse.Sols associés : Matrice très fine argileuse et éléments pierreux anguleux en plaquettes, dans les proportions allant de 30% (peu caillouteux) à 80% (fort caillouteux). L'épaisseur de ce sol varie en fonction de sa position par rapport à la pente :

    *En bas de coteaux, les particules fines qui ont ruisselé s'accumulent en colluvions et donnent des sols peu caillouteux (30%) d'une épaisseur d'un mètre environ.

       * En pleine pente, le ruissellement a retiré la majorité des particules fines, on obtient un sol très caillouteux (80%)  d'une épaisseur  d'environ 40 cm.

       * En hauts de coteaux, la pente moins accusée  permet aux particules fines de rester en place, le sol est moyennement caillouteux (50%) et d'une épaisseur d'un mètre environ.       Hydrologie : l'eau dans les sols sur micaschistes est fortement drainée à cause de l'abondance des éléments pierreux. La vigne trouve sa réserve en eau dans la roche elle-même,grâce aux nombreuses fractures et à la schistosité verticale.

    Micaschiste3

    Micaschistes en affleurement

    • B. Le sud de l'appelation (secteurs du sud d'Ampuis et centre Tupin = Côte Blonde) est composé de Gneiss.Roche au grain fin, de teinte claire, sa patine est blanche à rouille par altération.

    Sol associés se composent d'un mélange d'arène cad des particules plus ou moins grosses de granite, de sable grossier, de fine poussière argileuse et d'éléments pierreux arrondis.Quand ce gneiss est fracturé, l'eau est bien drainée, sinon l'eau ruisselle en surface.  

    Côte Blonde3

    Côte Blonde

     

     

    • C. L'extrême sud (secteurs sud de Tupin) est composé de migmatites.Roche formée par la fusion partielle des roches métamorphiques de teinte brun-gris ; la pression et la t° ayant été plus fortes dans le sud de l'appelation que dans le nord.Sol associé : sableux brun clair à petits cailloux centimétriques à décimétriques. Epaisseur : 50 cm.

     Climat   

       La région présente les caractéristiques du climat tempéré qualifié de "lyonnais": hivers tempérés,  étés chauds, régime de précipitations relativement régulier. L'élément essentiel qui le différencie  est le régime des vents; cet élément joue un rôle important dans la vie de la vigne. Les coteaux, orientés le plus souvent, Sud ou Sud Est sont relativement à l'abri du vent froid du nord (la bise), et exposés au vent chaud du sud, souvent desséchant, qui hâte la maturité et contribue à la protection du vignoble des attaques de maladies.

    http://www.cote-rotie.com/presentation/sols.html

    Vins dégustés

    Les vins de la dégustation ont été conseillés et achetés au "Caveau des vignerons des Côte Rôtie" à Ampuis.

    1.Côte Rôtie JC Mouton 2006 (20% viognier/80% syrah) situé en Côte Blonde/29 €

    Le nez se montre très floral, parfumé (influence du viognier ?) ; la bouche se montre soyeuse à veloutée, assez fermée sur le plan aromatique,les tanins sont discrets et suaves . A boire dans les 5 ans.Sourire

    2.Côte Rôtie Bassenon 06 de Cuilleron (10% viognier/90% Syrah) situé sur le sud de l'appelation (Côte Blonde) / 35 €

    Le nez est assez racé et développe de fines séquences boisées et épicées(Clos de girofle selon Isabelle).La bouche est assez discrète au niveau aromatique (bois neuf, jus de viande...) ;les tanins se montrent assez charpentés et permettront au vin de bonifier dans les années à venir A boire ds les 10 ans.Sourire

    3.Côte Rozier 2006 Guy Bernard 100% Syrah (Côte Brune) / 32 €

    Le nez est discret, encore sur les fruits rouges.La bouche est dans le même régistre toujours sur le fruit, les tanins de bonne qualité permettront au vin de bonifier. A boire dans les 10 ans.Sourire

    4.Côte Rôtie de Burgaud 2006 (100% Syrah) (Côte Brune) / 30 €

    Le nez est assez racé, mélange de séquences empyreumatiques, boisées et vanillées. On retrouve les mêmes arômes en bouche, les tanins sont bien présents mais charnus et fruités. Un vin plus complet que les précédents. A boire dans les 10 ans.Sourire

    5. Côte Brune 2005 de Gilles Barge (10% Viognier/90% Syr) 32 €

    Le nez montre déjà de l'évolution (animal + végétal). La bouche est dans le même régistre et les tanins se montrent trop astreingents.....vin très décevant !.....le vin le plus faible de la dégustation.Déçu

    6. Côte Rôtie de Pierre Gaillard 2000 (10% viognier/90% Syrah) Mélange de parcelles de Côte Blonde et de Côte Brune) / 30 € en 2003 (cave JNG)

    Le nez se montre assez complexe sur des séquences d'évolution (gibier,tisane...), le fruité est disparu.La bouche est dans le même régistre, assez complexe, équilibrée ; les tanins sont fins et suaves .Le vin évolue bien ; il peut encore vieillir environ 5 ans.Sourire

    7. Le vin «Intrus»......St Joseph «Le Berceau» 2006 Bernard Gripat.(100% Syrah) / 38 €

    La robe est noir profond.  Le nez est complexe, racé et corsé. Il développe des notes boisées,épicées et empyreumatiques ;le tout sur un fond de fruits noirs. La bouche est charnue,fruitée,et riche aromatiquement. La matière est dense, les tanins charpentent la structure et font de ce vin un beau vin de garde. Le vin est différent des Côte Rôtie  de par sa palette aromatique et de par sa structure plus solide. C'est un ensemble remarquable....Vin de très bon niveau.RigolantRigolant

     

    A l’unanimité, nous estimons que le prix des Côte Rôtie est surfait. Nous sommes dans le cas classique du petit vignoble qui a connu une notoriété croissante dans les 15 dernières années, par conséquent, la demande dépasse l’offre…..bravo à la famille Guigal qui a contribué à conférer aux Côte Rôtie une telle « Image » de marque.

     

    La soirée se terminera par qq flacons d'excellent niveau : Gigondas Raspail (fruité et rond) , un Côte Rôtie Jamet 2002 qui vieillit très bien et enfin un superbe St Joseph 2002 « Vignes de l'Hospice » de Guigal RigolantRigolant qui clôtura de façon grandiose cette belle soirée ...... celle marquée par les 45 printemps de Jean Louis .

     

     

         

     

     

     

  • Les vins rouges de la Loire (Cépage Cabernet Franc)

          LES VINS ROUGES DE LA LOIRE

          (Chinon, Bourgueil et St Nicolas de Bourgueil, Saumur Champigny) 

     

     

    Le cépage : Cabernet Franc

    Il est le cépage dominant du Val de Loire, et planté en mono cépage sur les appelations qui nous concernent. Il est donc planté à la limite la plus septentrionnale de sa culture et donc, on considère que c’est dans cette région qu’il exprime le mieux toute sa potentialité aromatique.

    Le nez évoque en général des notes de fruits rouges (framboise, compote de fraises, cassis), des notes végétales (bourgeon de cassis, feuille de cassis), de rose, de poivron dans les années de moins bonne maturité, de réglisse et enfin d’épices douces. La bouche varie selon les sols et surtout le savoir faire du vigneron, il peut apparaître facile, aimable et fruité sur des sols de graviers et de sables, puissant et serré avec un tannin de belle structure sur les sols plus calcaires (tuffeau)….pour autant que le vigneron le veuille !!!

    De plus, c’est un cépage dit tardif, au cycle végétatif court, il échappe donc aux risques de gelée printanière.

    Les rendements autorisés sont de 55 hecto/Ha et la taille est en Guyot simple. 

    Géographie et climat de Chinon

    Le vignoble de Chinon se trouve à +- 40 Km à l’est de Tours et borde la Loire et la Vienne, affluent de la Loire. De façon générale, on peut dire que Chinon subit une influence plus océanique que continentale, mais surtout bénéficie de l’influence des flux importants de la Loire et de la Vienne qui représentent une masse humide considérable qui tempère l’air en toute saison. Cette influence étant plus marquée à l’intérieur du triangle formé par la jonction de la Loire et de la Vienne.

    Sa superficie est de 2100 Ha répartis sur 19 communes. Les coteaux bénéficient d’une exposition Sud très ensoleillée. 

    Géographie et climat de Bourgueil

    Superficie : 1400 ha sur 7 communes.Le vignoble bénéficie d’une large ouverture sur la Loire, les influences atlantiques remontant la vallée s’y font sentir. Le coteau exposé plein Sud et le plateau couvert de forêt protègent la terrasse des vents du nord. On y trouve un microclimat doux et tempéré.

    Géographie et climat de Saumur Champigny  

     1400 Ha répartis sur 8 communes.                                                         Climat : Océanique tempéré. 

    Géologie et paysage viticole de Chinon, Bourgueil et Saumur Champigny

     

    1. La base du sous sol de la Touraine

    Nous sommes ici situés au cœur du « Bassin Parisien », après une longue phase d’émersion la mer a déposé successivement :

    • Pendant l’ère jurassique (+- 150 Mio d’années) des roches calcaires qui constituent les roches les plus anciennes à l’affleurement en Touraine.
    • Pendant la période géologique du crétacé = entre 65 et +- 100 Mio d’années) successivement :des craies, des marnes , des sables et des grès.(crétacé inférieur ou cénomanien)
    • Ensuite, la mer dépose un calcaire tendre, sableux appelé «  tuffeau » (blanc et jaune) duquel on extrayera la pierre qui servira à l’édifice des châteaux de la Loire. C’est dans cette pierre qu’ont été creusées également les habitations troglodityques, caractéristiques de cette région.  (calcaires tendres plus ou moins gréseux) .(période du turonien dans le crétacé supérieur)

     Photo d'une maison troglotyte dans le tuffeau.

    •  Finalement, la mer en retirant va déposer en touraine des argiles et des conglomérats d’argile et de sables.(sénonien durant la fin du crétacé sup). 

     Cette trilogie géologique de base permet de comprendre la physionomie actuelle de la Touraine .  

    2. Modelage de la Touraine actuelle

    • La physionomie de la Touraine décrite ci dessus s’est affinée à l’ère tertiaire (5 à 65 Mio d’années) sous un climat tropical en altérant en surface les dernières formations géologiques du sénonien.(formation des argiles à silex notamment)
    • A partir de l’ère quaternaire (2 Mio d’années),la Loire et ses affluents vont lentement creuser leurs vallées étroites encore à cette époque (2-3 Km) dans les calcaires du tuffeau et former des terrasses alluviales.
    •  un soulèvement homogène de toute la région et l’alternance des périodes glaciaires et interglaciaires vont entraîner l’enfoncement de la Loire et de ses affluents dans les sédiments de base. De ce fait, apparaissent parfois les calcaires jurassiques qui sont venus crever la couverture crétacée et affleurer en surface. (Le sud de l’appelation Bourgueil est légèrement soulevé et bombé à la faveur d’un anticlinal cad un plissement des couches géologiques en dôme, se traduisant après érosion, par une structure où les terrains les plus anciens se situent au centre).
    • Des phénomènes de failles apparaisent et vont provoquer la formation d’un fossé dans lequel la Loire va pouvoir élargir son lit et éroder la couche meuble des argiles et conglomérats évoqués plus haut.
    • Des limons et des sables éoliens se déposent sur les plateaux et des colluvions recouvrent les versants et glissent vers les fonds de vallons. 

    3. Configuration actuelle du vignoble de Chinon.

    On y trouve :

    • Des sols d’alluvions anciennes (graviers et sables) appelés « Varennes » tout au long de la Vienne (rive gauche et rive droite de la Vienne).
    • Les tufs qui sont des sols argilo calcaires sur sous sol de tuffeau occupent les coteaux et les plateaux qui dominent les vallées.
    • Enfin les plateaux et buttes constitués essentiellement d’argiles à silex et de sables (Sénonien). 

    carte_chinon

    4. Configuration actuelle du vignoble de Bourgueil et St Nicolas.

    • En s’éloignant du fleuve et en remontant vers le coteau, on découvre une zone d’alluvions récentes (sables et limons) dont la largeur varie de 2 à 10 Km qui est impropre à la culture de la vigne et qui est consacrée à l’élevage et au maraîchage.
    • Ensuite, une zone parallèle, située plus au dessus qui se prolonge tout au long de la vallée, forme une terrasse large de plusieurs Km entièrement consacrée à la vigne et située à +- 50 m d’altitude. Le sol constitué de sables grossiers et de graviers, naturellement bien draîné, se réchauffe rapidement au printemps et confère une bonne précocité à la vigne.C’est surtout sur ce type de sol qu’est implanté le vignoble de St Nicolas de Bourgueil.
    • Plus haut, on trouve des sols de sable mêlés d’argile. 
    • Enfin, sur le coteau, on découvre des terres argilo calcaires grasses et collantes , ce sont les fameux sols de tuffeau qui reposent sur le socle calcaire. Plus ou moins la moitié du vignoble de Bourgueil se trouve sur le coteau. 



    geologieBourgueil

    5. Configuration actuelle du vignoble de Saumur Champigny.

    Le vignoble est dispersé en îlots, sur les buttes de tuffeau et les affleurements sénoniens ou éocènes.(argiles et sables)

      Les vignes de Saumur Champigny occupent une position remarquable sur le plateau du  turonien supérieur et sur les plateaux coiffant le tuffeau.  

    La dégustation

    1. Bourgueil Yannick Amirault 2006 La Caudraye (cuve)

    Encore sur le fruit tant au nez qu'en bouche, il se caractérise par une matière dense, pure, précise sur des tanins solides mais non agrassifs. A garder 2 ans idéal. avant d'entamer.8/10 Rigolant(Cave JNG) 10 €

    2. Les Petites Roches 2006 Charles Joguet Chinon(fûts de chêne)

    Nez de fruits rouges, la bouche est jugée manquant de rondeur,les tanins bien présents assez acerbes.5/10 Langue tirée(TGVins Flémalle)12 €

    3. Huisserie 2004 de Phil Alliet Chinon (fûts de chêne)

    Nez assez soufré, bouche manquant de netteté, problème technique évident.....probl de fûtaille? 16€ Criant

    4. Racines 2006 Bourgueil de Mabileau Frédéric (fûts chêne)

    Nez acétique, Bouche avec une présence d'acidité volatile importante....dommage!! 2nde bout à probl!17€   Criant  

    5. Chateau de Hureau Tuffes 2006 Saumur Champigny Ph Vatan (cuve)

    Le nez typé cabernet franc rappelle le poivron mûr, le bourgeon de cassis. La bouche est toute en harmonie et élégance, le fruité est très pur et bien typé de son cépage.Les tanins sont très fins et permettent au vin de pouvoir se boire immédiatement mais n'excluent pas une garde de 6-7 ans. TGVins Flémalle / 10.5 € RigolantRigolant

    6. Dom des Geslets St Nicolas de Bourgueil 2006 Grégoire

    Fruité tant au nez qu'en bouche, chair souple et même gouleyante, peu tannique  qui en fait un vin à boire. 8 €      7/10 (La Grange aux vins à Attre)Clin d'oeil

     

    Conclusions:

    1. Le Cabernet Franc se distingue par son fruité caractéristique et croquant. Ch de Hureau Tuffes de Vatan et le Bourgueil La Caudraye d'Amirault viennent prouver à suffisance qu'un élevage en chêne est généralement superflu pour ce cépage.

    2. Ch de Hureau est élu à l'unanimité le meilleur vin de la soirée!

     

     

     

     

     

     

     

  • Saint Emilion....appelation mythique

    Saint Emilion….. une appelation mythique, des terroirs mythiques…

    Saint Emilion, le seul vignoble français classé patrimoine de l’humanité, une des appelations la plus vendue au monde, tant sa renommée est énorme.

    Image:St-emilion 27-01-2008.jpg

    Saint Emilion, c’est aussi une magnifique ville médiévale entièrement protégée par les Monuments Historiques et présentant un paysage unique de monoculture de la vigne sur une superficie de 5400 ha.

    Le vignoble est le plus ancien de la région bordelaise et a été créé par les romains mais ce n’est qu’au 18ème siècle qu’il prit un essort particulier dû à la demande des consommateurs flamands et ceci grâce à leur qualité reconnue, leur transport en bâteau ne posait pas problème car ils ne tournaient pas au vinaigre.

    Typicité de l’architecture de Saint Emilion

    L’architecture et les monuments de Saint Emilion sont marqués non seulement par son passé médiéval et Renaissance mais aussi par sa tradition viticole. Ce qui frappe quand on aborde cette ville, c’est qu’elle est perchée sur un plateau calcaire qui a servi de matériau de construction à l’édification de la plupart des bâtiments. Assez tendre pour être facilement découpée, assez dure pour supporter les outrages du temps, cette pierre a donné à St Emilion son aspect à la fois élégant et chaleureux. Les galeries d’où ont été extraites ces pierres ont des dimensions majestueuses et servent aujourd’hui de caves d’élevage pour les vins de certains châteaux de St Emilion.


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    La géographie du vignoble

    Située à une 40aine de Km à l’est de Bordeaux,  l’aire de production de St Emilion est bordée au nord par la rivière « La Barbanne » et au sud, par la vallée de la Dordogne ; à l’ouest par la commune de de Libourne et de Pomerol et à l’est par l’appelation Côtes de Castillon. L’altitude ne dépasse pas 20 m dans la plaine et grimpe à 100 m sur le plateau.


    St Em

     

    Le classement des vins

    Deux appellations d’origine contrôlée (AOC) peuvent être attribuées aux crus de St Emilion : St Emilion et St Emilion Grand Cru.

    Ces 2 appellations ne s’acquièrent qu’après l’agrément d’une commission d’experts composée de viticulteurs, courtiers et négociants, sous la direction de l’INAO.Depuis 1954, la région viticole de St Emilion a son propre classement officiel des vins produits au sein des St Emilion Grand Cru : 1er Gd Cru Classé, Gd Cru Classé, Gd Cru et St Emilion.

    L’appelation « Gd Cru Classé » regroupe aujourd’hui 55 châteaux.La classification Premier Gd Cru Classé est divisée en 2 groupes A et B.Le groupe A comprend les fameux châteaux Ausone et Cheval Blanc. Le groupe B comprend 11 domaines: Angélus, Beau-Séjour, Bécot, Beauséjour, Bel Air, Canon, Figeac, La Gaffelière, Magdelaine, Pavie, Trottevielle et Clos Fourtet. Ce classement est révisable tous les 10 ans.

     

    La vigne

    Encépagement : Le merlot : + de 60%, précoce celui ci apprécie le caractère frais et humide des sols à texture argileuse. Le Cabernet Franc (+- 30%) est davantage présent sur les sols calcaires ou à texture un peu plus chaude (sables et graves). Le Cabernet Sauvignon (+- 10%) est rès adapté aux sols chauds et secs (gravelo sableux ou argilo calcaires). La taille est en guyot simple surtout.Le rendement maximal est de 45 hl/ha  pour les AOC St Emilion, 40 hl/Ha pour les grands crus.Le vignoble compte +- 1000 exploitations dont le quart est regroupé en coopérative. 90% des exploitations comptent moins de 15 Ha et 50% n’atteignent pas 5 Ha.

     

    Géologie et pédologie

    La Barbanne au nord, la Dordogne au sud et la colline calcaire sont les 3 éléments naturels qui ont déterminé la complexite et l’hétérogénité du vignoble de St Emilion. Le plateau de calcaires à astéries (10-30 millions d’années) s’est formé par un soulèvement de fond de mer (tectonique). Ce socle calcaire, érodable a été entaillé par les 2 fleuves qui édifièrent plusieurs niveaux d’alluvions à texture grossière. La remontée de la mer à une certaine époque a donné lieu à un dépôt fin sableux localisé dans les vallées dites basses. On trouve 4 grands types de terroirs sur St Emilion .

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    Photo d'un banc de calcaire à astéries et statue taillée dans le calcaire à astéries dans les caves souterraines du château Bel Air.

      1.     Les plateaux calcaires (autour du célèbre village principalement).

    ·       Les sols sont argilo calcaires de faible profondeur (- de 1 m), sur une roche calcaire (origine marine fossilifère, plus ou moins dur et présentant une certaine hétérogénité)  discontinue par endroit et non colonisée par les racines.

         * à l’ouest, les sols calcaires se montrent peu épais et de texture légère, sablo limoneuse souvent.

         * à l’est, les sols sont argilo calcaires, plus lourds.

         * au centre du plateau, la couverture limono argileuse dépasse 2.5 m.


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    Vignes sur sols calcaires du plateau

     

    ·   Le second plateau calcaire situé au nord de St Etienne De Lisse est plus mince et supporte dessols bruns à texture plus fine et des sols argilo limoneux superficiels.De façon globale, lié à la surélévation et aux capacités d’infiltration de l’eau dans la roche, le drainage naturel est souvent très bon. « Le régime hydrique est très régulier, le plateau calcaire permet de produire des raisins dont les caractéristiques varient peu d’une année à l’autre » (Pr Glories de la faculté d’œnologie de Bordeaux). L’eau présente dans le calcaire à astéries participe activement à l’alimentation de la vigne par le biais de remontées capillaires.

    Les vins du plateau :

    Les vins issus du calcaire sont plutôt rubis,et ont une trame serrée. Ils allient finesse, minéralité, fraîcheur complexité et élégance au vieillissement.

    Les vins issus de sols à forte teneur en argiles, se présentent plutôt pourpres, gras, ronds, plus puissants. Au vieillissement, apparaissent des notes de cuir et de viande fumée.

     

    2.     Les Côtes (autour du plateau)

    La Molasse du Fronsadais, roche tendre (grès mêlé d’argile, de quartz…) sur laquelle repose le plateau calcaire, affleure sur les versants de ce dernier.Les pentes sont généralement plus accentuées au sud (25%), elles présentent des sols parfaitement équilibrés et constitue le terroir la plus riche en gds crus tels Ausone, Beauséjour, Bel Air, Canon, Fourtet,Magdelaine…… Les pentes exposées au nord sont douces et entrecoupées de vallées.

    Les sols sont à texture argileuse, possèdent une bonne structure due à la présence du calcium et une forte capacité de rétention : par conséquent, l’alimentation en eau n’est que rarement limitante mais la position topographique de ces terrains facilite le drainage et il n’y a pas d’eau libre à disposition des racines. Sur les versants, les cailloutis ont été entraînés par gravité. Mêlé à la molasse du Fronsadais et à des sables éoliens , ils constituent de très bons sols parfaitement drainés.


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    Vignoble de Côte sur Molasse du Fronsadais.

     Les pieds de côtes sont composés suivant les endroits: de colluvions provenant de la Côte (éboulis calcaires), et des débris provenant des molasses avec des sables éoliens au sud et de sédiments fluvatiles argilo limoneux à l’est.

    Les vins des Côtes :

    Ils ont du fruité, de l’onctuosité, avec des tanins puissants mais enrobés et une couleur vive .

    3.    Les vallées du nord et de l’ouest

    La terrasse de graviers et de sables argileux, composée des anciennes alluvions de l’Isle, s’étend vers les communes de Pomerol et de Libourne.Au nord, la dominante est sableuse (alluvions du quaternaire dénommés glacis de sables anciens fluvatiles et éoliens)  

    Les vins de sable sont en général souples, moins tanniques, un peu plus alcooleux.

    A proximité de Pomerol, on trouve un territoire de croupes graveleuses qui culminent aux environs de 40 m, les graves pouvant atteindre plusieurs mètres de profondeur. Les sols sont bien drainés avec une nappe phréatique située en profondeur. On y trouve notamment Ch Cheval Blanc et Ch Figeac. 

    Les vins des graves acquiérent une architecture classique, ils présentent des tanins austères à leur naissance, leur texture est moins serrée que les vins du plateau calcaire, une palette aromatique très large et complexe se forme au vieillissement avec une grande longueur en bouche;  ils peuvent produire un côté cuit en année chaude (stress hydrique= blocage de maturation).

     

    4.   Les vallées alluviales de la Dordogne (sud de l’appelation)

    La diversité règne avec plusieurs types de sols alluvionnaires :

    ·       Sur terrasses basses proches de la Dordogne: des terres d’alluvions (sédiments argileux) récentes induisant parfois à la vigne une vigueur excessive.

    ·       Seconde terrasse faites de graves sableuse (Esprit de Barberousse): le substrat est composé de galets (quartz,granite, grès) roulés en provenance du Massif Central emballés dans une matrice fine : ces matériaux ont reçu le nom générique de graves. 

    ·       Silico limoneux, sable sur argile. La mer remonta la vallée lors d’une période de déglaciation et y déposa des sédiments très fins sableux et argileux.      Le drainage naturel est peu développé sauf exception, mais le côté graveleux induit à la vigne un stress hydrique dans les années caniculaires comme 2003 par ex et dans ce cas, le merlot peut manquer defraîcheur.

    La dégustation:

     

    1. L'Esprit de Barberousse 2005 (St Emilion Gdcru) issu du Sud de St Emilion (sur graves sableuses = 2nde terrasse fluviatile de la Dordogne) 100% Merlot. se caractérise par une bouche et un nez encore sur le fruit, d'un bel équilibre, une matière digne du millésime et des tanins fins bien présents qui indiquent que le vin peut vieillir environ 3 ans avant de l'entamer. Typé de son terroir.Prix: 12.5 € (cave JNG) 8/10 Rigolant

    2. Ch Jean de Faure 2005 (St Em Gd Cru) issu du NO de St Em (Graves argilo sableuse (proximité de Pomerol) 54% Cab Franc/40% Merlot/6% Malbec: un vin charpenté avec une matière imposante, assez complexe,encore sur le fruit, demande au moins 7  ans de cave avant de l'entamer. Prix 25 € (Cave JNG) 8/10 Rigolant

    3. Ch Laroze 2005 (St Em Gd Cru) issu de l'ouest de St Em, situé en pied de côte et côteau /68%  M/26%CF/6%CS. Vin équilibré, belle matière fruitée encore fermé au niveau aromatique, avec un beau potentiel de garde.Prix:33 € (Bordeaux Entrepots Kontich) 8/10 Rigolant

    4. Ch Balestard La Tonnelle 2001 (St Em Gd Cru Classé) Nord Est de St Em /70%M/25%CF/5%CF/sur plateau calcaire - argilo calcaire sur roche calcaire. Déjà sur l'évolution sur des motes végétales et animales, tout en élégance mais manque de conc globale...déçoit un peu vu son niveau. Prix:30€ (Delhaize) 7/10 Non décidé

    5. Ch Chauvin 1999 (St Em Gd cru) du nord de St Em. sur glacis sableux terrasse fluviatile de la Barbanne) 75%M/20%CF/5%CS. Vin dépouillé, sans structure ni matière, de nature végétale en arômes.Décevant! Prix:25% (Delhaize.). 2/10 Déçu

    6 Ch Magdelaine 2001 (St Em Gd Cru Classé) Centre de St Emilion sur plateau calcaire et côteau /90%M 10%CF. Bel équilibre, matière déjà assez ronde, des arômes assez complexes qui donne un ensemble harmonieux. Typé de son terroir.Prix:50€ (Delhaize).8/10 Rigolant

    7."L'Intrus".....Ch Roc de Calon Prestige 2005/Montagne St Emilion /90% M 10%CF sur argilo calcaire et argilo silicieux.Belle matière pleine, beaucoup de fruit, des tanins bien présents  mais mûrs, une trame d'arômes mêlant le torréfié , le toasté et la vanille.Prix:15.5 € (Bordeaux Entrepots). 9.5/10  RigolantRigolant

    Conclusion de la soirée: Certains vins sont assurément typiques de leurs terroirs.Le grand vainqueur de la soirée à l'unanimité est le vin "Intrus" de par sa qualité intrinséque et son excellent rapport qualité / Prix.

  • Mes vignerons favoris à Cairanne

    1. Domaine Brusset

    Laurent Brusset élabore des vins plaisirs,soutenus, riches en matière intensément fruitée, croquants.

    J'apprécie particulièrement la cuvée "Chabrilles" 06 dont voici la description:

    "Encore sur le fruit puissant, tant au nez qu'en bouche, ce vin exprime la gde concentration issue d'une macération précise de raisins à maturité parfaite.La structure charpentée bâtie sur des tanins solides qui reflètent aussi la gde maturité permettra au vin de bonifier; néanmoins, le caractère croquant du fruit donne déjà de belles satisfactions aujourd'hui."

    www.domainebrusset.fr

    2. Domaine Allary

    Les frères Allary élaborent des vins au gd équilibre, intenses ,proches du fruit et au boisé bien maîtrisé.

    http://www.wine-in-france.com/vins/alary.html

  • Denis Dubourdieu

    Denis Dubourdieu, Docteur ingénieur oenologue, professeur à la faculté de Bordeaux est une figure de l'oenologie française, c'est une voix écoutée partout dans le monde, il est consultant de plusieurs grands domaines, propriétaire des ch Reynon et Doisy Daene et auteurs d'ouvrages scientifiques.

    Il a accordé une interview à la RVF dont voici qq passages intéressants:

    La RVF: Pouvez vous définir ce qu'est un bon vin rouge? 

    DD: Un bon vin rouge se distingue par son attaque, veloutée mais sans perception tannique immédiate. Ensuite, la saveur, en milieu de bouche, doit être dominée par le fruit, la sensation pulpeuse et juteuse du fruit. Enfin,en finale, de façon décalée, arrive la perception tannique du vin jeune. Plus la perception des tanins est décallée et modérée et moins le vin vieillira sur des tanins secs.....c'est un trait universel.

    La RVF: Pour vous, qu'est ce qu'un grand vin?

    DD: Je ne reconnais pas un grand vin à son attaque: tous les bons vins ont une attaque douce. Pas à la finale non plus: tous les bons vins ont une finale sans sécheresse. Je reconnais un grand vin à son milieu de bouche, à sa densité au milieu de la bouche, cette sorte de pic qui prend le palais et captive nos sens. Pour moi, c'est cela la grâce des grands vins. Mais attention: la concentration du vin, à elle seule ne suffit pas à créer ce milieu de bouche. Le vigneron qui baisse trop ses rendements risque d'avoir une attaque tannique et une finale sèche: son vin sera déséquilibré.

      

     

  • Généralités sur le terroir et la production viticole.

    Panorama[1]

    Communément, quand il est question d'un "produit de terroir", il est entendu que ce produit possède une typicité liée à son lieu de production, et parfois que ses méthodes d'élaboration sont issues d'une tradition locale plus ou moins ancienne. Cette typicité est heureusement souvent qualitative et elle est portée par les producteurs qui normalement mettent tout en œuvre pour l'obtenir. Quand il s'agit d'un vin, la typicité doit se retrouver dans le caractère unique de ses propriétés organoleptiques. 

    Mais qu'est-ce que le terroir?

    C'est d'abord un territoire, c'est-à-dire une aire géographique délimitée, s'étendant sur quelques ares ou bien plusieurs km2 sur lequel une production agricole est effectuée. Dans le cas d'un vignoble, c'est l'emplacement de culture de la vigne.

    Les facteurs physiques qui agissent sur la production viticole sont liés :

    • au climat,
    • à la localisation et la configuration du site,
    • au sol.

    Sur le résultat de la production agricole, c'est-à-dire la vendange, pèsent également :

    • les caractéristiques de la vigne elle-même,
    • son adaptation aux conditions physiques et biologiques du lieu,
    • les choix culturaux du vigneron.


    Le climat, la localisation et la configuration du site

    Il est généralement admis que, dans l'hémisphère Nord, les meilleurs vins sont produits à la limite septentrionale de la culture de la vigne pour un cépage donné. En France, la Bourgogne représenterait cette limite pour le cépage pinot noir (en vin tranquille c'est-à-dire non effervescent), la Loire pour le cépage chenin etc...

    En effet, schématiquement, sous les climats trop froids, les problèmes de manque de maturité apparaissent amenant des défauts gustatifs dans le vin. A l'inverse, un excès de chaleur rend les vins lourds, alcooleux et sans finesse.

    Au niveau climatique, les besoins de la vigne dépendent de la température, de l'ensoleillement et du régime hydrique.

    La température

    En dessous de 10°C, la vigne ne produit plus, de même qu'au-delà de 35°C, la photosynthèse est perturbée. Certaines périodes sont critiques; par exemple, le froid au cours de la floraison (qui intervient en juin fréquemment) est néfaste et peut provoquer de la coulure en excès ou du millerandage. Du printemps à l'automne, pour un bon fonctionnement, la vigne doit avoir bénéficié d'un minimum de températures cumulées qui dépend entre autres du cépage. Les expositions sud, sud-est, sud-ouest sont à privilégier si le vigneron recherche une certaine précocité de sa vigne. La température du sol a également son importance car elle détermine la montée de sève et ne dépend pas seulement du climat mais également des caractéristiques du sol lui-même ou de son emplacement. Par exemple, un sol sombre se réchauffe plus rapidement qu'un sol clair par une meilleure absorption du rayonnement solaire. Et un sol en pente bien exposé se réchauffe également plus facilement car l'incidence des rayons du soleil, plus élevée que pour un sol plat, permet un meilleur apport d'énergie par unité de surface (voir ci-dessous). 

    Néanmoins les températures élevées peuvent causer des dommages à la vigne (échaudage, grillures).

    La qualité de la vendange ne s'obtient pas uniquement avec de hautes températures. Par exemple, en septembre/octobre, une alternance de nuits fraîches et de journées chaudes (en évitant les températures caniculaires) est favorable à la synthèse de certains composés comme les anthocyanes.

    Pour les vignobles septentrionaux, un risque majeur est le gel, qui peut en une nuit compromettre la récolte de l'année. Certains vignobles, ceux dont la notoriété permet aux vignerons un revenu substantiel, comme ceux du Chablisien ou de Champagne, sont pourvus de systèmes de lutte contre le gel, comme les chaufferettes, l'aspersion ou les fils électriques chauffants.

    Le gel peut provenir de la venue d'une masse d'air froid, c'est la gelée noire, fréquente en hiver mais ayant peu d'impact quand la vigne est en dormance et que le froid n'est pas trop important.
    Plus grave, car elle peut intervenir au printemps alors que la vigne est active, la gelée blanche provient d'un refroidissement nocturne provoqué par une perte de calories due au rayonnement infrarouge vers le ciel. Les plantes comme le sol émettent constamment des rayonnements infrarouges. Les calories perdues sont compensées la journée par le soleil mais la nuit, en particulier par temps clair (les nuages servent d'écran et renvoient une partie du rayonnement vers le sol), la température peut descendre largement en dessous de 0°C. Un air sec, donc très transparent au rayonnement, favorise encore le phénomène. De même, l'absence de vent permet l'accumulation de l'air froid, plus lourd, vers le sol et accentue le risque de gel. Ce qui explique que les cuvettes et fonds de vallée sont plus sensibles au gel. L'état du sol intervient également car un sol tassé accumule plus et restitue plus facilement les calories, réduisant ainsi les risques de gel, qu'un sol labouré ou herbeux.

    L'eau

    L'irrigation d'une vigne en AOC étant généralement interdite en France, l'eau nécessaire à son métabolisme provient essentiellement du ciel (pluie, neige...). Bien que la vigne soit adaptée au climat sec, le manque d'eau ou un air trop sec nuit à son activité photosynthétique. Il s'agit essentiellement pour elle de compenser les pertes dues à la transpiration.

    Les besoins en eau sont plus importants de la sortie des bourgeons jusqu'à la véraison . Ensuite, afin de favoriser le mûrissement des grappes aux dépens de la pousse de la végétation, une diminution de l'apport d'eau est préférable (un stress hydrique modéré au niveau des racines favorise l'action des hormones de maturité).

    La consommation d'eau par la plante est fonction de la température et reflète son activité. Il est essentiel pour la vigne de disposer de l'eau dont elle a besoin mais pas plus. Un manque d'eau se traduit par un ralentissement du fonctionnement de la plante.

    Un bon terroir assure à la vigne une bonne réserve en eau. Si le sol ne retient pas suffisamment l'eau, il est intéressant que des pluies régulières alimentent le sol. Sous un climat sec, il convient d'avoir un sol qui permet la constitution d'une réserve importante d'eau et d'adopter des techniques de culture qui favorisent cette mise en réserve (par exemple, en région sèche le vigneron réduira la densité de plantation afin de permettre à chaque pied de disposer d'un plus grand volume de sol à explorer).

    Un excès d'eau à une période proche des vendanges provoque une augmentation du rendement par dilution du moût et ceci au détriment de la concentration et donc de la qualité.

    La lumière

    La vigne est une plante verte qui a donc besoin de lumière pour son métabolisme. En plein soleil, l'activité photosynthétique de la vigne est largement saturée, du moins pour la couverture foliaire externe. Néanmoins, la durée d'ensoleillement est importante : afin d'optimiser l'ensoleillement tout au long de la journée et de l'année, il faut en général privilégier les endroits exposés à la lumière et adopter un mode de conduite (taille, palissage, ...) permettant une bonne exposition des plants. Les meilleures expositions en France sont donc sud-est, sud et sud-ouest, en coteaux pour limiter les ombres portées.

    Le vent, la grêle

    Le vent, sur le plan sanitaire est parfois favorable en réduisant l'humidité à l'intérieur du feuillage. Mais il peut également disséminer les spores contaminants et étendre une maladie. Quand il est fort et sec, il perturbe le métabolisme de la vigne. Sa puissance peut détruire le feuillage et les sarments des vignes, surtout des jeunes et vigoureuses.

    Il ne faut pas négliger les accidents climatiques comme la grêle, capable de provoquer la mort de tout ou partie de la plante et d'augmenter le risque d'apparition de maladies. De plus, le tissu cicatriciel produit par la vigne au niveau des impacts des grêlons apporte un mauvais goût au vin ("goût de grêle").

    Le microclimat

    Si les conditions générales du climat définissent une tendance, il faut noter que les conditions locales sont très importantes et peuvent être différentes entre deux parcelles voisines.

    En plus de l'altitude et de l'exposition, d'autres facteurs interviennent.

    Ainsi, un plan d'eau (mer, lac, étang, rivière) peut amener des brouillards sources parfois de problèmes sanitaires mais également de conditions favorables pour des vins issus de raisins atteints de la "pourriture noble" (sauternes, barsac...). Ce même plan d'eau est une réserve de calories diminuant le risque de gel (exemple des vignobles suisses près du lac Léman).

    Une colline, une forêt, voire une haie ou un muret font office de coupe-vent. Une combe peut amener de l'air froid et les fonds de vallées favorisent l'apparition du gel. Une montagne peut générer un phénomène de fœhn et ainsi permettre l'apport d'un air chaud et sec au vignoble... Ces différents facteurs peuvent expliquer que, sur une même zone, certains terroirs sont plus favorables à la culture de la vigne que d'autres.

    Les variations du climat d'une année sur l'autre expliquent l'effet millésime sur les caractéristiques d'un vin.


    Le sol

    Il est la couche superficielle issue de la modification physique et chimique de la roche sous-jacente et est constitué d'une fraction minérale et d'une fraction organique. Le sol permet à la vigne de s'enraciner et de trouver l'eau et les éléments nutritifs nécessaires. Il sert donc de support et de garde-manger à la plante. Ses caractéristiques et la manière de le travailler sont fondamentales dans la production agricole.

    Formation et constitution

    Le sol est le résultat d'une transformation des roches due essentiellement à des facteurs climatiques et biologiques. L'eau, l'air, le gel, le soleil, les microorganismes, la végétation désagrègent les roches et les altèrent. Le sol peut être issu de la transformation de la roche en sous-sol (roche-mère) ou d'éléments transportés (alluvions, colluvions) puis transformés.

    La désagrégation de la roche correspond à son fractionnement parfois en éléments très fins par des agents comme le gel, le vent, les racines.

    L'altération correspond à une modification chimique de la roche par des agents tels que l'eau, le CO2 les acides organiques et est favorisée par une température élevée. La transformation de la roche peut provoquer la libération de certains éléments, en former d'autres (argiles, hydroxydes) parfois complexes (comme des associations minéraux/matière organique). Les argiles proviennent de l'altération de roches silicatées.

    Schématiquement les roches peuvent être classées en trois catégories :

    • les roches carbonatées (calcaires, dolomies..)
    • les roches acides (granites, schistes, ...)
    • les roches volcaniques

    Les sols issus de roches carbonatées sont fréquents en France et sont à l'origine de grands terroirs viticoles (Bourgogne, Champagne....). Ces roches proviennent de sédiments accumulés dans les mers ou les lacs et induisent la présence de sols basiques qui conviennent à la vigne. Elles contiennent une part parfois importante d'argiles qui ont une incidence sur les propriétés des sols. 

    Les roches acides sont à l'origine également de terroirs viticoles réputés comme ceux du Beaujolais, du Rhône ou d'Anjou où sont adaptés les cépages comme le gamay et la syrah.

    Les roches volcaniques sont rares en France, et concernent peu de vignobles en termes de superficie (Côtes d'Auvergne, Alsace, Provence, Forez...).

    Le sol possède également une composante biologique ou biochimique (animaux, végétaux, litière, humus...). Issu de la dégradation des végétaux, l'humus est constitué de composés organiques de grande taille. Associé à l'argile (via des éléments tels le fer, l'aluminium et le calcium), il apporte une cohésion au sol en agglomérant ses constituants, le rendant ainsi plus stable et plus résistant à l'érosion. Dans de bonnes conditions, l'humus est capable de se minéraliser lentement sous l'action de facteurs chimiques ou biochimiques et donc d'apporter des éléments fertilisants. De plus, il stimule la pousse des racines. Sa dégradation libère des acides qui peuvent attaquer les roches et libérer ainsi des minéraux utiles pour la plante.

    Il faut noter le rôle important des animaux et microorganismes dans le fonctionnement du sol.
    Les insectes et les arthropodes déchiquètent et ingèrent les résidus végétaux et les racines mortes, favorisant leur transformation par les microorganismes en humus ou en éléments assimilables par la plante. Les vers, par leurs déjections, par le creusement de galeries dans le sol, en améliorent la structure, et homogénéisent ses couches en enfouissant les éléments organiques qu'ils récupèrent en surface. Ils aèrent le sol permettant ainsi aux racines et aux autres organismes de pénétrer plus en profondeur. Souvent, par l'action des enzymes qu'ils sécrètent, ces organismes améliorent l'assimilation par la vigne des éléments nutritifs.

    Caractéristiques et propriétés

    Le climat, la nature des roches, le type de couverture végétale ainsi que l'âge sont les paramètres essentiels qui vont déterminer les propriétés physiques et chimiques du sol.

    Texture, structure

    La texture et la structure du sol conditionnent ses propriétés physiques (propriétés liées à l'enracinement, propriétés d'absorption et de rétention de l'eau, porosité, ...).

    La texture dépend de la taille des éléments qui constituent le sol :

    Taille

    Nom *

    > 2 mm

    graviers, puis galets ou pierre, blocs

    50 m à 2 mm

    sables

    2 m à 50 m

    limons

    < 2 m

    argiles "granulométriques"

    * La nature des minéraux n'intervient pas.

    Plus les éléments constitutifs du sol sont fins, plus les minéraux sont disponibles pour les plantes (surface d'échange plus importante). La texture apporte une indication sur les propriétés du sol. Un sol contenant beaucoup de sables sera filtrant, un sol limoneux "battant" et donc relativement imperméable, etc...

    Ces éléments ne restent pas isolés surtout s'ils sont fins. Ils vont s'assembler et apporter ainsi au sol des caractéristiques importantes (porosité, pénétration de l'eau et de l'air, capillarité...). Cette structuration n'est pas pérenne et dépend des conditions du moment (présence ou non d'eau, gel, labours...).

    Différentes structures (compacte, grumeleuse, lamellaire, ...) peuvent se constater à différentes échelles et être plus ou moins stables.

    L'argile et l'humus, par leur effet agglutinant, sont en grande partie responsables de la formation de la structure. Le calcium, par son effet floculant sur l'argile, favorise sa stabilité. Les mycéliums des champignons, les racines et radicelles, l'ensemble des êtres vivants du sol participent également à sa formation.

    En général, un bon sol agricole ne doit pas être compact, car asphyxiant, ni sableux, car trop filtrant. Il doit permettre la pénétration de l'eau et pouvoir en garder suffisamment en réserve. Il doit être aéré pour permettre un bon enracinement et un bon développement de la flore et de la faune. 

    L'eau

    Certaines caractéristiques d'un sol ont une grande importance pour la vigne, notamment sa capacité à retenir et à fournir de l'eau. Cette capacité dépend de sa structure et donc de sa porosité, des minéraux qui le constituent, de la matière organique présente, de la pente, de la couverture végétale... Par exemple un sol sableux est filtrant et retient peu d'eau (capacité au champ faible), ce qui peut être intéressant sous un climat océanique mais néfaste sous un climat sec, a contrario un sol argileux retient beaucoup l'eau (mais possède un point de flétrissement élevé) quitte à devenir parfois asphyxiant pour les racines. La présence d'humus augmente la capacité au champ sans élever le point de flétrissement.

    Les remontées capillaires dans un sol bien structuré (voire provenant de la roche-mère comme la craie) permettent à la vigne de disposer d'une réserve d'eau même par temps sec.

    Un sol humide est plus "froid" qu'un sol sec, c'est-à-dire qu'il faut plus de calories pour l'amener à une température donnée.

    Stockage des minéraux, acidité

    Si le carbone (et l'azote en partie) est fourni par l'atmosphère, les autres éléments indispensables au métabolisme de la vigne viennent du sol : azote, calcium, potassium, fer, magnésium, phosphore... La plante assimile l'eau et les éléments nutritifs du sol par ses racines. Ces dernières doivent bien explorer le sol pour une meilleure résistance de la vigne en particulier à la sécheresse. Un sol profond, aéré, est favorable à cette exploration.

    Le sol est, normalement, une réserve d'éléments qui peuvent être utilisés par la plante. Quand ils ne sont pas apportés par l'homme, ces éléments sont issus de la dégradation des minéraux et de la matière organique par différents agents chimiques ou biologiques. Ils doivent être mis en réserve dans le sol et ne pas être lessivés pour être ensuite assimilés par les racines. La capacité de stockage d'un sol dépend de différents facteurs dont l'humidité, les taux de limons fins, d'argiles, d'humus et la nature des minéraux.

    L'argile associée à l'humus forme un complexe (complexe argilo-humique), qui constitue, dans de bonnes conditions, une réserve importante de nutriments qui pourront être rétrocédés ensuite à la solution du sol (élément liquide du sol). Ce complexe argilo-humique régularise également les taux de certains éléments dans la solution du sol en absorbant le surplus et en libérant ces mêmes éléments en cas de carence. La présence d'humus est donc un facteur augmentant la capacité de stockage du sol et permettant une mobilité des éléments stockés pour qu'ils puissent être livrés à la vigne. La présence de calcium dans le sol favorise cette mobilité.

    L'activité des racines et des microorganismes, la dégradation des matières organiques acidifient le sol. Un sol trop acide possède des propriétés néfastes à la culture de la vigne (déstructuration du sol, toxicité de certains éléments comme le cuivre et l'aluminium, blocage de la dégradation de l'humus et des débris végétaux...). La présence de calcium (et de magnésium) en particulier sous forme de carbonates permet de lutter contre cette acidité. Les sols calcaires sont donc bien pourvus pour combattre l'acidité surtout s'ils sont suffisamment riches en calcaire actif (c'est à dire en particules de calcaire de faible taille).
    Néanmoins, en excès, le calcaire actif est néfaste pour la vigne. Schématiquement, l'excès de calcium stabilise trop l'humus et bloque sa dégradation et même empêche la formation d'un humus de qualité. Le calcaire peut encroûter la matière organique et nuire à sa transformation en humus. De plus, il peut provoquer la chlorose ferrique de la vigne, c'est-à-dire réduire l'assimilation du fer par la plante et ainsi nuire à la photosynthèse, ce qui se traduit visuellement par le jaunissement du feuillage.

    Chaque élément ou oligo-élément a son optimum d'absorption à un pH donné. Mais, un pH du sol autour de 7 ou légèrement inférieur représente un bon compromis pour l'assimilation par la plante des éléments minéraux essentiels. Un sol trop acide ou trop basique est donc un handicap sur ce point. Le vigneron devra choisir un porte greffe le plus approprié à la nature de son sol et/ou amender ce dernier pour corriger le pH (par des apports de calcaire ou de chaux pour un sol trop acide, par des amendements organiques pour un sol trop basique ...).


    La composante humaine

    L'homme n'est pas neutre face à la nature et participe à l'amélioration d'une zone de culture par des actions parfois conséquentes : drainage, amendement, épierrage, irrigation, création de terrasses...Certains terroirs aujourd'hui réputés sont le résultat de telles actions, en particulier dans le Bordelais où certains grands crus sont drainés afin d'obtenir un terroir de qualité ou en Bourgogne où l'épierrement est à l'origine des "murgers", ces murs de pierres qui entourent certains climats.

    Pour obtenir une vendange de qualité, il faut que la vigne soit en condition, au niveau de la grappe de raisin, de concentrer à des taux optima les éléments favorables à l'élaboration du vin et a contrario de ne pas y accumuler les éléments défavorables ou à des taux néfastes. Obtenir cet équilibre dans la réalité n'est pas si aisé, même s'il est possible a posteriori de corriger partiellement et artificiellement la vendange. Pour son métabolisme, la vigne a besoin d'éléments nécessaires aux différentes réactions biochimiques (eau, carbone, magnésium, azote, fer...) et a également besoin d'énergie (sous forme chimique, thermique, lumineuse). La carence ou l'excès d'un de ces éléments peuvent donc nuire au travail de synthèse de la plante. Par conséquent, il s'agit pour le viticulteur de s'assurer :

    • que la vigne dispose de manière équilibrée de tous les éléments nécessaires à son fonctionnement et qu'ils sont assimilables,
    • qu'elle dispose de suffisamment d'énergie en particulier lumineuse,
    • qu'elle n'est pas atteinte de maladies.

    Dans tous les cas, la vigne ne peut pas tout faire tout le temps. Ainsi de hauts rendements impliquent des vendanges déséquilibrées par dilution du moût ou par défaut de mûrissement des raisins, même si certaines années favorables, une récolte abondante (sans excès) et de qualité a pu être obtenue. De hauts rendements impliquent également une moindre résistance de la vigne aux maladies.

    Une part importante des éléments contenus dans le raisin est synthétisée dans les feuilles (sucres, polyphénols, acides..) et la surface foliaire d'une vigne doit être en adéquation avec le rendement attendu. Cette surface foliaire ainsi que le nombre de grappes par pied de vigne sont déterminées par la conduite du vignoble et en particulier par le nombre d'yeux laissés à la taille.

    Le vigneron dispose de plusieurs actions possibles sur son vignoble :

    • le travail du sol,
    • l'apport d'engrais et d'amendement,
    • la conduite de sa vigne (taille, palissage, densité de plantation, rognage, enherbement, traitements...)
    • le choix du matériel végétal.  

    La vigne est une plante grimpante qui privilégie la croissance de ses extrémités. Sur ce sarment, l'œil terminal est bien plus développé que les yeux en début du sarment. On comprend l'importance des choix au niveau de la taille et du palissage, qui permettent, entre autres, de contrôler ce phénomène afin de disposer d'une production régulière sur le cep.

    Quand un dégustateur recherche dans un vin les caractères du terroir, il part du principe que le vigneron, par ses méthodes de culture, s'interpose le moins possible entre ce terroir et la plante. Néanmoins, il serait difficile de reprocher par exemple à un vigneron d'utiliser un système anti-gel dans ses vignes sous-prétexte qu'il faut laisser s'exprimer le millésime ...

    Dans tous les cas, un vin de terroir ne peut être fait que sur un bon terroir (ou alors le vin est mauvais...).

    Nous avons vu qu'un sol vivant offre des caractéristiques positives pour l'agriculture par sa bonne tenue face à l'érosion, par sa structure qui lui permet d'assimiler l'eau et faciliter l'enracinement, par son rôle de réserve d'éléments assimilables par la plante. En outre, la vigne est mycorrhizée, c'est-à-dire qu'il existe une symbiose entre certaines racines et des mycéliums de champignons. La mycorrhize, qui est le résultat de l'association entre un mycélium et une racine, est favorable à la plante et au champignon. Le champignon reçoit de la vigne certains éléments nutritifs et en retour il permet une meilleure absorption des éléments minéraux, synthétise des produits activateurs de croissance et favorise le développement de la rhizosphère. Cette dernière est l'ensemble des microorganismes qui entoure les racines et avec lequel il existe des échanges souvent très bénéfiques pour la plante. Ce mécanisme, facilité par la présence d'humus, permet l'accroissement du volume de sol exploitable par la vigne.

    Faire un vin de terroir, c'est déjà offrir à la vigne la possibilité de bénéficier des ressources naturelles de son sol. Il est donc de l'intérêt du vigneron de maintenir ce sol vivant et de n'apporter de l'engrais que pour compenser les pertes dues aux prélèvements des vendanges, de la taille, du rognage...Malheureusement, le sol des vignobles a généralement une faible activité biologique, ces prélèvements n'étant pas réintroduits et rarement compensés par des apports organiques. De plus, les produits phytosanitaires, largement utilisés dans le vignoble, ont une action négative sur la faune du sol.

    Le vigneron est souvent un utilisateur d'engrais chimiques, d'autant plus qu'il est généralement "conseillé" sur ce plan par son fournisseur d'engrais (par exemple, certains viticulteurs font tenir leur cahier de fertilisation par ce dernier). Ce qui explique que de nombreux sols sont saturés en éléments comme le potassium, à cause d'apports abusifs. Malheureusement, le potassium se fixe très bien dans le sol en particulier calcaire et en plus des problèmes de rendement trop élevé, il peut nuire à l'assimilation d'autres éléments (magnésium en particulier) et diminuer la stabilité structurale du sol. De plus, l'utilisation abusive d'engrais chimiques incite la vigne à absorber de l'eau pour maintenir une concentration de sels dans ses tissus à un niveau acceptable. Cela a pour effet de déséquilibrer son métabolisme, d'apporter des retards de maturation et de la rendre plus sensible aux maladies.

  • Les millésimes à Bordeaux

    La maturation du raisin est un phénomène complexe qui conditionne la qualité des vins.
    Il est donc essentiel d’essayer de comprendre ce qui se passe pendant cette période afin d’optimiser la date des vendanges et le déroulement des fermentations.

    Voici un lien très intéressant conduisant à un site de la faculté d'oenologie de Bordeaux qui fournit des données précises relatives à l'évolution du cycle végétatif de la vigne au cours des derniers millésimes. 

    La conclusion des commentaires relatifs à chaque année est particulièrement intéressante.

     

  • Le terroir: comment ça fonctionne?

    Terroir : comment ça fonctionne

    Le mot est galvaudé, utilisé à tort et à travers. Mais la notion de terroir est une réalité sur laquelle se penchent les scientifiques.

    Le terroir est-il une tarte à la crème ? Un de ces mots polysémiques ou vides de sens, favorables surtout aux marchands de rêves ? Le terroir, en effet, est mis à toutes les sauces - pas toujours ragoûtantes - et permet d'accommoder des produits bidon ou des idées vieillottes. Faut-il croire ce vigneron du Sud qui nous affirmait, il y a quelques années, que, grâce aux nouvelles techniques de vinification et avec de bons cépages, on rendait caduque la notion de terroir ? C'est ce que pensaient une majorité de wine makers californiens - beaucoup le pensent encore - qui s'en remettaient à l'eau (de l'irrigation), au soleil et aux cépages empruntés à Bordeaux pour produire des vins capables de concurrencer les plus grands crus d'Europe. C'est ce que croient ou feignent de croire les producteurs des fameux « vins de garage » qui, sur des petites surfaces et des terroirs souvent médiocres, favorisent l'hyperconcentration et la surmaturité pour produire en faible quantité des vins violets et épais, riches en alcool, que des collectionneurs fortunés mais peu avertis s'arrachent à prix d'or. Ceux-ci risquent d'être fort déçus dans quelques années. Car on sait au moins une chose de ces vins techniques, qui « dépassent leur terroir », comme il s'est parfois dit, c'est qu'ils vieillissent mal, un peu comme ces champions qui ont trop forcé sur les produits dopants. Souvent, dans des dégustations comparatives et internationales, comme ce fut la mode d'en organiser quand, en Californie, on a commencé à élaborer ce type de cru « gonflette », les grands noms médocains se sont fait ramasser par des plus gros, plus imposants qu'eux. De même pour ces chardonnays gras comme des sirops, qui écrasaient les montrachets bourguignons. Au jeu de « Que sont-ils devenus ? » la comparaison devient cruelle. Les as de l'époque semblent la plupart du temps des vieillards épuisés, tandis que les vins issus de grands terroirs ont gardé leur fraîcheur. Au fond, c'est la première preuve, absolument empirique, que le terroir existe : la durée de vie.

     

    Du moins dans cette catégorie de vins, car avec des cépages moins porteurs de tanins (qui donnent au vin sa charpente) comme le gamay, on peut avoir des terroirs qui donnent de grands vins aromatiques tout en étant relativement éphémères. Mais, là aussi, on s'aperçoit qu'un gamay provenant d'un cru du Beaujolais (comme le juliénas ou le côte-de-brouilly) a, en règle générale, une aptitude supérieure au vieillissement qu'un gamay provenant de coteaux moins nobles. C'est ce qu'ont découvert, au fil des siècles, moines, propriétaires, vignerons qui n'ont eu de cesse d'isoler des parcelles et des terroirs. La Bourgogne de la Côte-d'Or en est l'exemple le plus évident, avec ses multiples crus. Mais le Médoc, de création viticole plus récente, ne l'est pas moins. La plupart des grands crus classés n'ont cessé de s'agrandir par rachat, échange de parcelles, absorption de voisins... Cependant, les responsables actuels ne cachent pas que le grand vin de chaque château provient des mêmes parcelles, définies par un périmètre, toujours le même, celui enregistré au moment du classement de 1855. Le reste sert surtout à produire le second vin.

    Les anciens, avec l'aide du temps, se servaient de l'observation. Ce sont eux qui ont inventé les coteaux bien exposés au soleil et qui ont domestiqué les cépages adaptés. Par des méthodes d'analyse scientifique qui leur étaient inconnues, nous commençons à pouvoir fournir quelques explications, même si nous sommes loin de tout comprendre.

    On n'explique pas tout de l'origine des grands vins

    Les zones situées trop au nord ne peuvent fournir de grands vins, le manque de chaleur et de lumière bloque la maturation. C'est encore plus vrai avec les vins rouges, plus exigeants en énergie lumineuse pour réaliser ce qu'on appelle la biosynthèse des polyphénols et de la matière colorante, c'est-à-dire la fabrication des tanins et des éléments qui vont donner au vin sa couleur.

    Les régions très sudistes ne sont, elles, guère favorables aux blancs, car la maturation trop rapide détruit les arômes de fruit.

     Souvent, dans les vinifications modernes, on compense en utilisant la barrique neuve, qui apporte des arômes de grillé ou de vanille se substituant à ceux du raisin. Pour les rouges, c'est un peu plus compliqué. Tout dépend de ce que l'on appelle un grand vin. Si cette notion est proportionnelle à la concentration, à la puissance alcoolique aux dépens de la finesse et de la fraîcheur, alors la notion de grand terroir devient fort abstraite. Mais là, on quitte le domaine de la science pour celui du débat d'idées, qui opposera encore longtemps ceux qui privilégient la densité à ceux qui trouvent que la beauté d'un châteauneuf-du-pape réside dans son équilibre et sa finesse.

    Pour en revenir à une vision moins sujette à caution, l'état des connaissances actuelles ne permet pas de tout expliquer de l'origine des grands vins. « On a mis au jour la relation qualité et terroir : comment cela fonctionne physiquement. En revanche, pour expliquer la relation terroir et typicité, ce qui crée la palette aromatique, c'est la feuille blanche », confie Kees Van Leeuwen, professeur à la faculté d'oenologie de Bordeaux, considéré comme l'un des meilleurs spécialistes des terroirs, et auteur de plusieurs ouvrages sur la nature des sols et leur incidence sur le raisin et le vin.

    En clair, on sait pourquoi une parcelle est plus adaptée à faire du vin qu'une autre ; on ignore en revanche quelles molécules contenues dans le sol transmettent au vin ces arômes de violette, de griotte ou de venaison.

    « Avec le professeur Yves Glories [doyen de la faculté d'oenologie de Bordeaux], nous avons localisé des parcelles de vignes de même âge, travaillées et vinifiées de façon identique sur des terroirs différents de saint-émilion. Nous avons rassemblé les vins dans un chai unique et les avons dégustés. Ils étaient très différents. » De ces expériences les deux spécialistes ont tiré des conclusions, ou plutôt confirmé des opinions déjà émises par les anciens :

    - Les sols d'argile - on les trouve sur une partie du premier grand cru classé de saint-émilion, Cheval-Blanc, mais aussi sur l'appellation voisine de pomerol, à Pétrus ou Trotanoy par exemple - donnent des vins colorés, plutôt tanniques, mais avec des tanins enrobés qui offrent au palais une sensation de gras. Au vieillissement apparaissent des notes de cuir, de viande fumée.

    - Les sols de graves - une bonne part de Château Figeac notamment - procurent aux vins un fruité riche, des tanins moins aimables, plus rugueux quand le vin est jeune, une palette aromatique très large et complexe au vieillissement, une grande longueur en bouche.

    - Les sols calcaires du plateau - Château Belair, Canon, la Madeleine, Clos Fourtet, etc. - engendrent des vins d'une grande finesse, avec moins de tanins mais d'une grande qualité, sans agressivité ; l'acidité, plus présente que dans les graves, donne de la fraîcheur. Ce sont des vins qui peuvent paraître fluets, mais qui gagnent en complexité en veillissant.

    Des sols hiérarchisés

    Pourquoi des sols aussi différents sont-ils tous porteurs de très grands terroirs ? « Il n'y a pas de facteur unique, plutôt une hiérarchie », répond Kees Van Leeuwen.

    En premier - même si cela paraît bizarre pour le vin -, il y a l'eau. Le régime hydrique de la plante fait intervenir climat et sol au travers d'un phénomène que les spécialistes appellent « évapotranspiration » : la vigne absorbe de l'eau par ses racines et en relâche par ses feuilles. « Au début du cycle, à la fin de l'hiver, quand se produit le débourrement, il y a une certaine quantité d'eau disponible dans le sol, qui va diminuer au fur et à mesure. La transpiration par les feuilles dépense cette réserve. La pluie vient compenser en partie cette perte mais pas en suffisance. La transpiration doit toujours dépasser les précipitations. Aujourd'hui, on est capable de mesurer ce phénomène, notamment à partir de la modélisation, de tenir une sorte de compte en banque des réserves dont dispose la plante. Pour chaque millésime, on dispose ainsi d'un bilan hydrique. »

    En 1997, millésime moyen, le bilan hydrique est très peu négatif, les pluies incessantes ayant maintenu le « compte en banque » en eau de la plante à un niveau élevé ; en revanche, pour les millésimes 2000 ou 1998, qualitativement supérieurs, le déficit est important.

    « Pour faire un vin de qualité, il faut un certain déficit hydrique. Alors, la première fonction de la plante qui est affectée, c'est la croissance. Celle des rameaux et des baies s'arrête, et tous les sucres formés par la photosynthèse sont disponibles pour alimenter les baies, lesquelles sont petites et donnent plus de concentration. En cas de déficit extrême, on dit qu'il y a un stress hydrique : la photosynthèse est affectée et les baies ne sont pas nourries. Il se produit un blocage dans la maturité. »

    On l'aura compris, le régime hydrique idéal, c'est un déficit certain et précoce, pour que les baies bénéficient du soleil de l'été. Pour ce faire, la qualité des sols est déterminante. « La réserve en eau d'un sol, au départ du cycle, peut varier de 80 à 350 mm. A 80, on peut avoir du stress hydrique. A 350, la réserve en eau est trop importante : avec des sols limoneux par exemple, on n'aura jamais de déficit suffisant. A Bordeaux, où il pleut beaucoup (900 mm en moyenne par an), plus les réserves sont faibles - entre 100 et 150 mm -, meilleur ce sera pour le vin. »

    Le deuxième facteur déterminant pour un bon terroir, c'est l'alimentation minérale de la vigne : « Plus que le phosphore, le magnésium, le potassium, etc., c'est l'azote qui est important. Il est un redoutable stimulateur de croissance, tout comme l'eau, mais à un degré moindre, car sans eau l'azote n'a pas d'effet. Sur un sol un peu riche en eau, l'excès d'azote devient très nuisible ; en revanche, sa carence peut être un facteur qualitatif en limitant la croissance de la plante. » La vigne s'alimente en azote par l'humus, qui en libère naturellement. Les amendements organiques, le fumier contribuent à renouveler l'humus, et donc l'azote. C'est la méthode douce. Il y a plus brutal, l'apport d'azote chimique, disponible immédiatement pour les racines, et qui peut donner une vigueur contradictoire avec la réalisation d'un grand vin. « La viticulture est très différente de l'agriculture traditionnelle, car dans ce second cas on cherche à mettre la plante dans la situation optimale en utilisant azote et irrigation. En viticulture, la plante doit pousser sous contrainte, il faut qu'il y ait un facteur limitant, eau ou azote, l'idéal étant que ce soient les deux. Pour les vins blancs, c'est un peu différent. Pour que se forment les précurseurs d'arômes du sauvignon, par exemple, il faut une présence d'acides aminés, qui sont apportés par l'azote, et donc des sols un peu plus riches. Cela explique que des sols favorables aux blancs ne le soient pas forcément aux rouges. »

    Une dimension historique et humaine

    Enfin, le terroir a une dimension historique et humaine par la recherche des cépages les plus adaptés et par le travail de mise en valeur. C'est parce que les moines et les paysans de saint-émilion ont creusé des tranchées dans le roc pour y placer de la terre et planter de la vigne que le plateau est devenu un repaire de grands crus. C'est parce qu'en Bourgogne des générations de vignerons ont noté les saveurs uniques conférées à leurs vins, en certains lieux précis, qu'une telle mosaïque de crus existe. C'est parce qu'Arnaud de Pontac, au XVIIe siècle, a cru en l'exceptionnel potentiel de ses sols de graves que Château Haut-Brion est né. C'est aussi parce que la famille Lur-Saluces a compris très tôt la nécessité de drainer ses terres de sauternes que Château d'Yquem est un des plus grands vins de la planète.

    « Certains terroirs ont été révélés très tôt ; d'autres, comme Pétrus, plus récemment. Et ce n'est certainement pas fini. Il est à peu près certain qu'il existe des terroirs à vocation viticole, qui n'attendent que la venue d'hommes dotés de capacités et de moyens nécessaires pour être transformés en grands crus... »

     

    L'exemple de trois types de grands terroirs

    A priori, ils n'ont rien de commun : le premier est composé d'une importante couche de cailloux, les graves, entourés d'argile, de limons ou de sables (voir encadré ci-contre) ; le deuxième est d'une densité argileuse impressionnante (plus de 50 %) et rappelle plutôt la pâte à modeler (voir encadré page 208) ; le troisième enfin est un bloc de calcaire apparemment stérile (voir encadré page 210). Pourtant, ces trois-là ont en commun, chacun à sa façon, de réguler l'alimentation en eau de la vigne : ni trop ni trop peu.

     

     

    Sol de graves

    On connaît surtout les graves du Médoc, mais ce type de sol se rencontre ailleurs, près de Montpellier notamment. La présence de cailloux rend le sol filtrant et pauvre en eau - les cailloux occupant déjà 50 % du volume.
    En été, la racine va chercher en profondeur l'humidité nécessaire. En période de grande sécheresse, il se produit un stress hydrique sévère qui peut bloquer la maturité des baies. Dans ce cas, le nombre de grappes par pied, le rendement à l'hectare, est déterminant. S'il est faible, la photosynthèse se poursuit et les raisins seront mûrs et concentrés ; s'il est fort, il y a blocage, et les raisins ne mûrissent pas.

    En cas de forte pluie, le sol est bien drainé, l'eau ne stagne pas vers les racines et descend rapidement vers les couches inférieures ; la plante ne peut pas en profiter. En revanche, si la pluie dure très longtemps, avec un système racinaire qui est très développé, l'eau finit par alimenter la plante et risque de gonfler les baies (millésime 97).

     

     

    Sols très argileux

    C'est le sol des grands pomerols. Il contient une quantité d'eau très importante, mais cette argile très dense retient l'eau, et la vigne a du mal à l'extraire, à condition toutefois que la surface soit bombée et ne forme pas une cuvette où l'eau stagnerait. Kees Van Leeuwen a mis en évidence très récemment que, dans certains terroirs historiques de graves, à Léoville-Las Cases ou à Château Latour, certaines des meilleures parcelles possédaient de cette argile en profondeur.
    En cas de forte pluie, l'argile se gonfle et écrase les radicelles qui ont plongé dans les fentes. La plante dispose alors d'un système radiculaire plus réduit et absorbe peu de l'eau en surabondance, d'autant que celle-ci glisse et ruisselle sur une surface devenue compacte et imperméable.

    En cas de sécheresse, les racines passent dans les fentes qui se forment et plongent en profondeur et continuent d'alimenter la plante grâce à l'énorme contenance en eau de l'argile. On n'a jamais de stress hydrique très sévère sur ce type de sol, qui peut supporter des rendements un peu plus importants que dans les graves.

     

     

    Le calcaire à astéries

    On rencontre ces formations sur le plateau de Saint-Emilion (Ausone, Belair, Canon), mais aussi dans les côtes de Castillon, en Champagne ou dans certaines zones de Chinon et de Bourgueil. Le bloc de calcaire tendre et épais de plusieurs dizaines de mètres est recouvert d'un sol très superficiel - environ 50 centimètres - dans lequel on rencontre une multitude de racines formant un tapis sur la roche. La plante se nourrit par capillarité ; le calcaire, qui fonctionne un peu comme le morceau de sucre que l'on maintient à la surface du café, peut fournir jusqu'à 70 % de l'eau nécessaire à son existence.

    En cas de forte pluie, le calcaire, très poreux, possède une très forte capacité d'absorption et avale l'excès d'eau. C'est une sorte de réservoir sans fond. Les racines absorbent peu de cette « eau de passage », sauf en cas de pluie très abondante et durable.
    En cas de période sèche, les racines agissent comme des ventouses et par capillarité tirent l'eau vers le haut, fournissant une alimentation régulière et peu abondante. La vigne subit un déficit hydrique sans jamais souffrir de stress.

     

     

    Kees Van Leeuwen

    A 38 ans, Kees Van Leeuwen passe pour le meilleur spécialiste des terroirs viticoles dans le monde. Dès l'adolescence, le vin est une passion, et dès l'obtention du bac, il quitte les Pays-Bas et s'installe à Bordeaux pour préparer un diplôme d'oenologie. Au départ, il pense au journalisme, puis la recherche scientifique - et notamment le fonctionnement des sols - l'intéresse de plus en plus. Auteur d'une thèse sur les terroirs de Saint-Emilion, il devient professeur à la faculté d'oenologie de Bordeaux et succède à son ancien maître, Gérard Séguin, quand celui-ci prend sa retraite. Une chaire qui requiert de l'intelligence pour l'analyse et du muscle pour la pioche...